Comment vous expliquer clairement ma maladie? Je ne sais pas vraiment par où commencer... Il y a dix ans en arrière, j'ai eu une entorse à la cheville gauche. Depuis, un blocage s'est installé peu à peu, et plus les années passaient, plus la douleur augmentait, et moins je pouvais bouger ma cheville. Ayant vu une osthéopathe qui m'avait dit deux mois après l'accident que j'avais "l'os bloqué dans le talon", j'étais persuadée que la douleur et le blocage provenaient de là, donc je n'ai pas cherché plus loin. J'ai continué à faire du sport pendant tout ce temps, sans faire attention à ma douleur. Et puis l'été dernier, elle est devenue peu à peu insupportable, à tel point que ça me réveillait la nuit.
Après avoir passé quelques examens qui n'ont rien donné, on pensait à une algodistrophie (maladie qui bouffe le calcium de l'os pour le fragiliser); du coup, j'ai eu droit à des séances de kiné, et des piqûres de calcium tous les jours, histoire de compenser... Et bien entendu, interdiction de faire du sport pendant un an. Mais la douleur étant encore là, et de plus en plus forte, il a fallu que mon médecin m'envoie chez un spécialiste des membres inférieurs pour voir ce que j'avais. Il m'osculte, regarde mes radios, mon IRM, et trouve enfin ce que j'ai.
Le verdict tombe comme un poignard sur mon coeur : synostose calcanéo-naviculaire. Maladie qui fait que deux os se sont soudés en un seul. D'après le spécialiste, mon entorse en était responsable. Il a fallu trouver des médicaments assez puissants pour tenter de calmer la douleur. Malheureusement, elle augmente un peu plus chaque jour, m'empêchant d'apprécier tout ce que je fais. Je suis même obligée d'avoir au moins une béquille pour m'aider à marcher, sans quoi ma cheville s'écroule sous mon poids.
Entre temps, on a cherché quelles solutions existent pour ma maladie (qui est extrêmement rare, et encore plus pour mon âge). Il n'y en a que deux. Ce sont deux opérations. La première consiste à retirer toute la partie soudée, ainsi que 5 mm de chaque côtés des deux os, et attendre 3mois minimum, voir si les os ne se ressoudent pas. Avec cette opération, j'aurai 2semaines de plâtre, et 4semaines de plâtre en résine. Si l'opération fonctionne, je retrouve une cheville presque "normale". Mais si elle échoue, c'est-à-dire si les deux os se ressoudent en un seul, je subi une triple-arthrodèse, qui elle, consiste à bloquer le reste de ma cheville (vu qu'une partie l'est déjà) afin de soulager ma douleur. Mais ce blocage sera tel, que ma cheville ne sera plus qu'un bloc de béton, à vie.
Le 9 mai, je subi la "petite opération" à la Clinique Générale d'Annecy. J'ignore combien de temps j'y resterai, mais la seule chose que j'espère, c'est que tout ceux qui liront cet article me soutiendront (ne serait-ce que moralement) lors de cette épreuve. Je vais avoir du mal à m'en sortir toute seule, je l'avoue... Je ne suis pas assez forte pour me dire que tout ira bien, et que la petite opération marchera. Surtout qu' apparemment, la maladie ne date pas de mon entorce : c'est une anomalie de naissance. Et le fait que je sois jeune n'aide pas vraiment à la réussite de l'opération.
Pourquoi a-t-il fallu que ça tombe sur moi? Certes, ça pourrait être pire, mais c'est ce que je me suis toujours dit chaque fois que quelque chose n'allait pas. Cette fois-ci, j'ai envie de savoir. Que se cache-t-il derrière cette maladie? Qu'est-ce-qui m'attend après? Je ne sais plus quoi penser de tout ça. Et cette putain de douleur qui est là en permanence! Elle me rappelle quotidiennement que souffre, autant psychologiquement que physiquement parlant. Vous qui venez de lire cet article, aidez-moi... Je suis totalement perdue dans mes problèmes. Et je reste là comme une idiote à souffrir en silence. Je retiens mes larmes, sans quoi elles couleraient en permanence. J'aimerai vous assurer que tout se passera bien, et que j'irai sur le billard confiante, mais je ne peux pas. J'aimerai vous dire que je vais beaucoup mieux, mais je ne peux pas. C'est comme si cette douleur qui cisaille ma cheville n'était qu'en parfaite cohésion avec mon moral. Alors je vous pose la question suivante : ai-je le droit de rêver? pourrai-je être heureuse un jour? °J-30°